Nos souvenirs, ainsi libérés
comme des animaux sauvages, projetés et articulés sans
limite, retrouvent soudain un souffle insoupçonné. Nos
souvenirs deviennent des fictions, de véritables explorations
d'un monde très proche, presque familier, qui aurait pu exister.
Un champs des possibles. Un paysage d'accidents. A la manière
d'un reptile qui mue, R.O.M. propose sans relâche un corps nouveau
à notre mémoire.
Volontairement, bien que R.O.M.
soit une ouvre numérique, nous avons choisi de ne pas utiliser
ce qu'on appelle habituellement « l'interactivité »
pour lier les images et naviguer à travers le film. R.O.M.,
pour être une mise en abîme complète et autonome,
devait être un territoire vierge et inconnu, même pour
nous. En effet il est impossible d'imaginer à l'avance toutes
les juxtapositions possibles de ces centaines de médias. L'arbitraire
de l'ordinateur génère plus de possibilités que
des scénarii interactifs préétablis.
Le spectateur est stimulé
par les images et les sons qu'il doit articuler. Avec sa propre sensibilité,
il alimente son propre récit. C'est à ce niveau que
se situe « l'interactivité » de R.O.M.. Le spectateur
prend possession de sa projection de R.O.M., qui reste unique.
R.O.M. est un territoire virtuel
en reconfiguration permanente. A l'image d'une métropole où
sont brassées les trajectoires individuelles de ses habitants,
R.O.M. confronte et accumule des fragments de réalités
et de fictions. Telle une ville en transformation, ou une cité
découverte pour la première fois, R.O.M. offre au visiteur
des lieux et des expériences toujours inédits. Il propose
un espace stratifié aux lectures et interprétations
multiples, sans limites, aux contours indéterminés.
http://digitalbiotope.com/rom
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